Joliette destitue son greffier

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L'Action –  Le 5 avril 2012

Ils n'ont pas sorti le goudron et les plumes, mais presque. Les allégations à l'endroit de Pierrick Sylvestre, contenues dans une résolution de destitution adoptée le 2 avril dernier, sont très sérieuses.

Me Pierrick Sylvestre a été Greffier à la Ville de Joliette de 2003 à 2012. Mais ce sont surtout les derniers neuf mois de son mandat qui auront attiré l'attention des médias.

Corruption

Alors en congé de maladie, Me Sylvestre souhaitait se mettre sous la protection de la Loi concernant la lutte contre la corruption. Selon sa version, il aurait été réprimandé pour avoir dénoncé l'illégalité de certains contrats.

La Ville l'accuse d'ailleurs, à ce sujet, d'avoir menacé de faire cette dénonciation «si le directeur général ne retirait pas les notes et les lettres disciplinaires à son dossier».

On constate que les allégations de part et d'autre, bien que diamétralement opposées, sont très graves. À un point tel que Me Sylvestre a mis en demeure l'Action de ne pas divulguer le contenu de la résolution adoptée par la Ville. Étant désormais de notoriété publique, ce contenu peut toutefois être livré.

Retards chroniques

La Ville accuse l'ex-Greffier de «retards chroniques», de «manquements et omissions observées dans le traitement des archives, dont le recouvrement des mauvaises créances».

Suite à une enquête par une firme privée, la Ville a également conclu à un usage abusif d'internet «à des fins étrangères à son travail». En outre, Me Sylvestre aurait décliné l'invitation à se présenter devant le conseil municipal pour être entendu sur ces manquements à une date qu'il «avait lui-même choisie».

À ce sujet, Me Sylvestre répond en fournissant un billet de médecin – d'une clinique privée – qui atteste que son état psychologique ne lui permettait pas de rencontrer le conseil au moment indiqué.

Son implication avec la démarche de l'ex-directeur des pompiers dans une affaire de harcèlement psychologique et ses accusations subséquentes envers le directeur général, Renald Gravel, lui sont également reprochés, sans nommer de noms.

Visiblement scandalisé par la situation, l'ex-greffier affirme pouvoir répondre à chacune de ces allégations, qu'il qualifie de diffamatoires. «Tout se passe comme s'ils voulaient s'assurer que je ne trouve plus jamais un autre emploi et, pourtant, ces propos sont de purs mensonges».

L'ex-greffier consulte actuellement ses avocats avant de faire d'autres déclarations au sujet de la Ville.

Le reportage original est disponible sur le site web de L'Action