L'ex-commissaire à l'intégrité du secteur public a reçu une généreuse prime de départ

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Brigitte Bureau – 3 mars 2011

Radio-Canada a appris que l'ancienne commissaire à l'intégrité du secteur public, Christiane Ouimet, dont le travail et le comportement avaient été critiqués, a obtenu une importante prime de départ lors de sa démission, l'automne dernier.

Selon des sources sûres, la prime versée à Mme Ouimet se chiffre à quelque 400 000 $, une somme qui représente l'équivalent de 18 mois de salaire et d'avantages sociaux. En vertu d'un accord conclu avec le gouvernement du Canada, l'ancienne haute fonctionnaire a également droit à une pension.

Selon nos sources, les deux parties se sont engagées à garder confidentiels les détails de l'entente et à ne formuler aucune critique l'une envers l'autre.

Mme Ouimet a pris sa retraite en octobre dernier, quatre ans avant la fin de son mandat, alors que la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, enquêtait sur le fonctionnement de son bureau.

Un travail critiqué

Dans son rapport accablant, déposé en décembre, Mme Fraser a notamment mis en cause la gestion défaillante du travail au Commissariat à l'intégrité du secteur public.

Selon les informations recueillies par Mme Fraser, les employés de Chistiane Ouimet s'étonnaient du peu d'enquêtes commandées par leur patronne malgré les très nombreuses plaintes déposées à son bureau.

Sur les 228 actes potentiellement fautifs signalés sur une période de trois ans, la commissaire Ouimet n'a ordonné que 7 enquêtes. Mme Ouimet n'ayant identifié aucun acte répréhensible à l'issue de ces enquêtes, aucune n'a abouti à un blâme contre les fonctionnaires visés par les plaintes.

Ironiquement, le poste de Mme Ouimet avait été créé spécialement pour permettre à des fonctionnaires fédéraux de porter plainte et de dénoncer des actes qu'ils jugent répréhensibles dans l'exercice de leurs fonctions.

Selon le rapport de Sheila Fraser, Christiane Ouimet a en outre exercé des mesures de représailles, de marginalisation et d'intimidation à l'endroit des employés de son bureau, dont plusieurs ont porté plainte et même démissionné de leurs fonctions.

La société d'État avait réussi à mettre la main sur une plainte déposée par un ex-employé du commissariat, qui soulignait que 18 des 22 employés du commissariat avaient quitté l'organisme sur une période d'un an.

Mme Ouimet doit comparaître le 10 mars prochain devant le comité parlementaire des comptes publics. Ses avocats ont confirmé récemment qu'elle serait présente. Le comité l'avait sommée de venir témoigner à maintes reprises mais sans succès.

Le reportage original est disponible sur le site web de CBC Radio-Canada.