Des enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) mènent en ce moment une perquisition au siège social de SNC-Lavalin, au centre-ville de Montréal. «La GRC exécute actuellement un mandat de perquisition dans les locaux du siège social de SNC-Lavalin à Montréal», confirme le sergent Marc Ménard, porte-parole de la GRC.
De nombreux policiers sont sur place, a constaté La Presse. Selon un témoin, une douzaine de policiers sont entrés vers 10h15 ce matin dans le siège social de la firme, au 455, boulevard René-Lévesque Ouest.
À 11h30, les employés ont été avisés par courriel qu'ils devaient quitter la tour de 21 étages. Dix-neuf de ces étages sont occupés par SNC-Lavalin, et deux par le consulat américain. La tour est complètement fermée au public. Même le restaurant de l'immeuble est inaccessible.
À la Bourse, l'action de la firme est en recul de 4,9% depuis l'annonce des perquisitions. La Presse a publié la nouvelle à 11h48 ; le titre a commencé à décrocher à midi, perdant près de 2$ dans la demi-heure suivante, à 37,92$. Il cotait à 38,12$ à 14h12 et a peu bougé depuis.
Dans un communiqué, SNC-Lavalin précise que «le mandat concerne une enquête sur certains individus qui ne sont pas ou plus à l'emploi de la Société».
Le géant québécois du génie-conseil a admis le mois dernier avoir perdu la trace de 56 millions de dollars versés à des agents intermédiaires pour deux projets dont elle a refusé de révéler la teneur.
Ces paiements avaient été approuvés par Riadh Ben Aïssa, l'ancien patron de SNC-Lavalin en Afrique du Nord, qui a été limogé le 9 février. Un vice-président aux finances, Stéphane Roy, a quitté la firme au même moment. SNC-Lavalin avait alors laissé entendre que les deux hommes n'avaient pas respecté le code d'éthique de l'entreprise dans la conduite de leurs affaires.
Riadh Ben Aïssa avait tissé des liens étroits avec l'ancien régime de Mouammar Kadhafi, en Libye, où SNC-Lavalin a décroché des contrats valant des milliards de dollars avant la révolution de février 2011. Toutefois, la firme ne croit pas que les paiements suspects soient liés à ses projets en Libye.
Le PDG de la firme, Pierre Duhaime, s'est retrouvé au coeur du scandale financier quand SNC-Lavalin a révélé, le 26 mars, qu'il avait lui-même autorisé ces paiements.
En donnant ce feu vert, M. Duhaime avait contourné le responsable des finances de SNC-Lavalin International, qui s'opposait à ces paiements hautement irréguliers.
M. Duhaime a été forcé de remettre sa démission. Il a reçu une indemnité de départ de 4,9 millions.
SNC-Lavalin assure qu'elle «collabore pleinement à toute enquête relative à ce dossier ou à tout autre et entend répondre à toutes demandes des autorités. Étant donné qu'une enquête est en cours, SNC-Lavalin ne sera pas en mesure pour le moment de commenter davantage sur la situation».
Le reportage original est disponible sur le site de La Presse
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