Pourquoi ceci est important
De nombreux scandales publics ont été dévoilés au Canada ces dernières années. En voici quelques exemples notoires :
- Le scandale du sang contaminé : l’hépatite C a infecté 60 000 Canadiens, dont nombre d’entre-eux en sont morts.
- Le scandale du registre des armes à feu : un programme disposant d’un budget de 2 millions de dollars a dépensé 1 milliard de dollars sans autorisation ou dépôt au Parlement de rapport sur les coûts supplémentaires.
- Le scandale des commandites : des millions de dollars des fonds publics ont été détournés à des agences de publicité favorisées par le gouvernement.
Ces cas ont eu une vaste couverture médiatique, parfois pleine de sensationnalisme. Par contre, il n’y a que peu de couverture médiatique ou de débat public sur ce que notre pays peut faire pour prévenir de tels abus à l’avenir. Cela est compréhensible car si dévoiler des actes répréhensibles fait les manchettes, le travail pour les prévenir le fait beaucoup moins. La réforme est un processus lent et souvent fastidieux qui exige que des comités parlementaires rédigent laborieusement des ébauches et des révisions d’ébauches de projets de loi longs et compliqués.
Par contre, il est essentiel qu’au moins quelques citoyens suivent de près ce travail afin que l’on puisse en bénéficier. Comme toujours, lorsque des changements sont proposés, il y a des groupes d’intérêt puissants qui favorisent le statu quo. L’histoire de la loi sur la divulgation au Canada n’est qu’un récit qui décrit simplement combien les politiciens, tout comme les bureaucrates, ne font que piétiner sur place.
La loi sur les divulgateurs ne changera pas, en elle-même, la fonction publique, mais c’est un élément clé. Avec une protection efficace des divulgateurs en place, les actes répréhensibles peuvent être rapidement dévoilés. Sans celle-ci, nos fonctionnaires sont muselés par la peur de représailles. En outre, on peut facilement reléguer aux oubliettes les faits (et les personnes) problématiques afin d’éviter un scandale.
