Richard Marcotte libéré en attendant son procès

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Radio-Canada – Le 20 avril 2012

Le maire de Mascouche, Richard Marcotte, a quitté le quartier général de la Sûreté du Québec (SQ), à Montréal, devant une foule de journalistes qui l'ont pressé de questions. Richard Marcotte a traversé la meute de caméramans et de photographes sans faire de déclaration. Il est ensuite monté à bord d'une voiture, qui a quitté les lieux.

L'escouade Marteau a procédé à l'arrestation du maire Marcotte dans la nuit de jeudi à vendredi, à son arrivée à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, à son retour de vacances à Cuba.

Appréhendé peu après minuit, le maire a été emmené au quartier général de la SQ, rue Parthenais, où il a été interrogé toute la nuit et une partie de la matinée par les agents du Service des enquêtes sur la corruption de la SQ.

Sa femme, Shirley Wilkinson, a elle aussi subi un interrogatoire, mais aucune accusation n'a été déposée contre elle.

Interrogé quant à son avenir à la mairie de Mascouche, Richard Marcotte a répondu qu'il était toujours maire.

Cette arrestation survient dans le cadre de l'opération Gravier, qui a conduit au démantèlement d'un réseau de partage de contrats municipaux à la Ville de Mascouche.

Mardi, l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a arrêté 14 personnes dans cette affaire. Les entrepreneurs Tony Accurso et Normand Trudel figurent parmi les personnes arrêtées lors de ce coup de filet. Tous les accusés dans cette affaire ont été relâchés et comparaîtront le 19 juin prochain au palais de justice de Joliette.

Le maire de Mascouche était la 15e personne visée par les mandats d'arrestation. Un total de 47 chefs ont été déposés contre les accusés, dont fraude, fraude envers le gouvernement, abus de confiance, trafic d'influence, actes de corruption, complot et utilisation de documents contrefaits.

Série de révélations troublantes

En novembre 2010, le maire Marcotte avait fait l'objet d'allégations de conflits d'intérêts, après que l'émission Enquête eut révélé qu'il avait obtenu des avantages personnels auprès de l'entrepreneur Normand Trudel.

Transport et Excavation Mascouche, qui a obtenu des contrats municipaux d'une valeur de près de 40 millions de dollars en 2008 et 2009, aurait réalisé gratuitement des travaux de plusieurs milliers de dollars à la résidence personnelle du maire Marcotte, et aurait posé pour lui des pancartes électorales lors de sa campagne.

Un autre entrepreneur, Jean-Guy Ouellet, avait affirmé que le maire Marcotte « lui avait laissé sous-entendre que, pour travailler à Mascouche, on devrait participer au financement du parti politique », et lui avait même demandé de lui fournir « une maison gratuitement ».

Quelques semaines plus tard, une enquête du journal La Presse avait révélé que Transport & Excavation Mascouche avait reçu plus de 400 000 $ pour déneiger les 617 bornes d'incendie de la ville, ce qui revient à 650 $ l'unité. Ailleurs au Québec, ces déneigements s'effectuent selon un tarif variant entre 45 $ et 85 $ de l'heure.

Le maire Marcotte siège comme indépendant depuis qu'il a été expulsé des rangs de son parti, quelques jours après les premiers reportages d'Enquête. Une coalition de citoyens a aussi écrit au ministre des Affaires municipales pour exiger qu'il soit destitué, mais en vain.

Le maire Marcotte a toujours nié avoir mal agi et est demeuré en place, malgré une grogne populaire qui est demeurée palpable lors des séances publiques du conseil municipal de Mascouche.

Le reportage orginal se trouve sur le site Web de Radio-Canada