Une vérification interne révèle de sérieux problèmes à CanNor

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CBC Radio-Canada –  5 octobre 2011

L'Agence canadienne de développement économique du Nord (CanNor) a contrevenu à presque toutes les règles de gestion financière depuis sa création en 2009, selon une vérification interne.

Cette agence fédérale mise sur pied par le premier ministre Stephen Harper dans le but de développer le Grand Nord, gère environ 75 millions de dollars par année. En mars dernier, le Bureau du contrôleur général, le grand comptable de l'administration fédérale, a décelé des problèmes importants à CanNor.

Dans un rapport, le contrôleur général note que l'Agence n'a pas établi, comme elle le doit, un cadre de gestion financière, c'est-à-dire des règles de base, et qu'elle a violé presque toutes les directives sur le contrôle des dépenses, la gestion des contrats, l'utilisation des cartes de crédit, les voyages et les activités d'accueil de ses invités.

Selon Jean-François Savard, professeur à l'École nationale d'administration publique, la situation est préoccupante. « Ces règlements-là visent à s'assurer que les fonds publics sont bien gérés, qu'il n'y a pas de fraude, qu'il n'y a pas de mauvaise utilisation ou d'utilisation à mauvais escient des fonds publics. Donc si ces règles-là ne sont pas respectées, on peut se poser la question : est-ce que les fonds ont été bien utilisés? »

Radio-Canada a aussi appris que l'Agence en est à son cinquième responsable des finances depuis sa création, il y a deux ans. Un taux de roulement inhabituel, selon M. Savard. « C'est très élevé, c'est-à-dire qu'il y a une situation qui pose problème et qui fait que les gens préfèrent s'en aller plutôt que rester. »

Depuis ses débuts, l'Agence était dirigée par Nicole Jauvin. Son départ à la retraite a été annoncé au début de l'été. Or, Mme Jauvin vient d'être embauchée par la ministre Leona Aglukkaq pour la conseiller temporairement sur cette même agence, avec un salaire de plus de 200 000 $ par année.

La ministre Aglukkaq n'a pas voulu commenter cette embauche, ni la vérification interne qui, selon son bureau, n'est pas terminée.

D'après le reportage de Brigitte Bureau

Le reportage original est disponible sur le site web Radio-Canada